← AccueilALGÉRIE RÉSISTANCE
///
COUP D’ÉTAT RATÉ AU NIGER

Niamey accuse Paris, Alger fait décoller ses Soukhoï

Par La rédaction d’Algérie Résistance ·
J’aimecommentaires

Dans le ciel du Sahel, les communiqués ont laissé place aux réacteurs.

À la demande des autorités nigériennes, l’Algérie a envoyé deux patrouilles de Soukhoï Su-30 — quatre avions de combat — pour soutenir l’armée du Niger après la tentative de coup d’État qui a secoué Niamey. L’opération a été ordonnée par le président Abdelmadjid Tebboune et officiellement annoncée par le ministère algérien de la Défense.

Des membres du groupe impliqué dans la tentative de coup d’État à Niamey
Des membres du groupe impliqué dans la tentative de coup d’État à Niamey. Capture vidéo.

Le message ne pouvait être plus clair : lorsque la stabilité d’un voisin stratégique est menacée, Alger ne se contente plus d’observer la situation depuis sa frontière.

Niamey désigne Paris

La télévision publique nigérienne RTN a directement accusé la France d’être à l’origine de cette tentative de déstabilisation. Selon le récit diffusé à Niamey, Paris chercherait à diviser l’armée nigérienne après l’échec de ses précédentes manœuvres contre le pouvoir issu de la rupture avec l’ancienne puissance coloniale.

Le président nigérien Abdourahamane Tiani lors d’un entretien diffusé par la télévision publique RTN
Le général Abdourahamane Tiani sur la télévision publique RTN, le 25 juillet 2026. Il accusait déjà la France d’être derrière les attaques visant le Niger et le Sahel. Capture RTN.

L’accusation est nigérienne. La réponse militaire, elle, est algérienne.

Une démonstration de puissance

Depuis la révision constitutionnelle de 2020, le président de la République peut décider de l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire à l’étranger, après approbation des deux tiers de chacune des deux chambres du Parlement. Jusqu’ici, cette disposition était restée largement théorique.

L’envoi de quatre avions de combat au Niger constitue la première projection extérieure de cette nature officiellement annoncée par l’Algérie. Il ne s’agit ni d’une intervention d’occupation ni d’une aventure militaire. Niamey a sollicité l’aide d’Alger. L’ANP a répondu.

L’Algérie démontre ainsi que sa doctrine de non-ingérence ne signifie ni passivité ni indifférence lorsque la sécurité de son voisinage immédiat est menacée.

L’Algérie n’est jamais partie du Sahel

Certains commentateurs annonçaient déjà son effacement. Rabat se voyait reprendre la main. Les Émirats avançaient leurs pions. L’Algérie, elle, travaillait.

En février 2026, la visite du général Abdourahamane Tiani à Alger avait mis fin à la période de froideur entre les deux pays. Coopération sécuritaire, formation militaire, hydrocarbures, électricité : les bases d’un partenariat stratégique renouvelé avaient alors été posées.

Quelques mois plus tard, l’Algérie inaugurait au Niger une centrale électrique offerte au pays. Puis vint le Mali. Le 24 août, le Premier ministre Abdoulaye Maïga était reçu à Alger, porteur d’un message d’Assimi Goïta au président Tebboune. Après le rétablissement des relations diplomatiques, cette visite a consacré la relance du dialogue entre les deux voisins.

Ce n’est donc pas le « retour » de l’Algérie au Sahel. Elle n’en est jamais partie. C’est l’affirmation d’une puissance sahélienne qui assume désormais plus nettement son poids diplomatique, économique et militaire.

Pour veiller sur le gazoduc

Les Soukhoï ne protègent pas seulement la stabilité immédiate du Niger. Leur déploiement envoie également un signal concernant le futur corridor énergétique Nigeria–Niger–Algérie.

Lancement officiel des travaux du tronçon algérien du gazoduc transsaharien à Aoulef
Aoulef, 4 juin 2026. Lancement officiel des travaux du tronçon algérien du gazoduc transsaharien, en présence des représentants de l’Algérie, du Niger et du Nigeria. Photo : Sonatrach.

Les travaux du tronçon algérien ont officiellement commencé le 4 juin à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, en présence des ministres chargés des hydrocarbures des trois pays. Le projet n’est plus une ligne tracée sur une carte. Il est entré dans sa phase opérationnelle.

Ce gazoduc devra traverser des territoires exposés aux groupes armés, aux trafics et aux entreprises de déstabilisation. Sa réalisation ne dépendra donc pas uniquement des financements, des kilomètres de tubes et des stations de compression. Elle exigera une garantie sécuritaire crédible.

En répondant sans délai à l’appel de Niamey, l’Algérie montre qu’elle possède les moyens de contribuer à la protection de cette infrastructure stratégique. Elle peut en être à la fois le constructeur, le débouché méditerranéen et le bouclier.

Le Maroc promet aux pays enclavés du Sahel un hypothétique accès à l’Atlantique. L’Algérie, elle, propose une continuité territoriale, une coopération énergétique concrète et une capacité militaire immédiatement mobilisable.

Un gazoduc traversant le Sahel ne se construit pas seulement avec de l’acier. Il faut aussi pouvoir le défendre. En faisant décoller quatre Soukhoï vers Niamey, l’Algérie vient de montrer qu’elle possède les deux.

AR
SIGNÉ PAR

La rédaction d’Algérie Résistance

Pour Algérie Résistance.

LA DISCUSSION

Votre avis compte

Les adresses e-mail sont vérifiées avant la modération des commentaires.

Votre e-mail reste privé. L’inscription à la lettre est facultative.
LA LETTRE DU MÉDIA

Recevez le prochain entretien dans votre boîte mail.

L’abonnement gratuit sera ouvert avec la publication Substack officielle.