Le Maroc, champion du monde de l’inversion accusatoire

À Cadix, des joueurs espagnols entrent sur le terrain avec un message : « Ceuta ne se vend pas, Ceuta se défend. » Aussitôt, le coup de sifflet retentit… sur les réseaux marocains.
Même indignation, mêmes mots, mêmes majuscules et mêmes hashtags : #FIFA, #UEFA, #IFAB, #RFEF, #LaLiga. Toute la brigade numérique réclame un carton rouge pour « propagande géopolitique ». On invoque la neutralité du sport, le règlement et même la paix des stades. Les serviettes sont sorties. Les sanglots sont réglementaires.
Curieuse soudaine passion pour le football apolitique.
Lorsque la RS Berkane voulait jouer avec une carte du Maroc englobant le Sahara occidental — un territoire dont l’ONU n’a jamais reconnu la souveraineté marocaine — le maillot cessait mystérieusement d’être politique. Il devenait « identitaire », « historique », presque décoratif.
Ceuta sur un tee-shirt espagnol ? Provocation inadmissible.
Le Sahara occidental sur un maillot marocain ? Simple équipement sportif.
Le Makhzen ne refuse donc pas la politique dans les stades. Il réclame seulement le monopole du marquage. Et lorsque l’adversaire applique la même méthode, les champions du monde du vol de serviettes et de l’inversion accusatoire entourent l’arbitre, lui tirent la manche et exigent la VAR diplomatique.
La rédaction
Dans le mille précédent : Le Maroc avance… à reculons
Votre avis compte ● …
Les adresses e-mail sont vérifiées avant la modération des commentaires.